Les tableaux de Liliane Debray, Jo San, nous invitent tout d’abord à l’apaisement puis, en prenant le temps, à une méditation sur la réalité des choses.

La touche est parfois vive et appuyée. La lumière jaillissante ou diffuse semble envelopper les objets et les habiller d’infini. Parfois, la peinture gicle en gouttelettes et souligne joyeusement la rugosité des matières en pétillements lumineux.
Il y a bien un créateur, mais il est derrière, en recul par rapport au sujet.

Ses objets dessinent un espace à la fois vide et plein d’une présence douce et forte en un équilibre délicat. La lumière et l’espace qui enlacent leur réalité matérielle les transfigurent et nous font toucher du doigt un espace autre, infini, peut-être le vrai silence.

Certains titres de tableaux se présentent sous forme de haïkus, courts poèmes de tradition japonaise. Ils sont l’œuvre de Luc Bordes, moine zen et compagnon de l’artiste.
Comme l’auteur le précise, le haïku est l’expression de la perfection de l’instant. Sa pratique, son écriture et sa lecture sont en elles-mêmes un exercice spirituel, une expérience qui, au-delà des mots, produit un choc, un éveil de l’esprit. La mise en forme traditionnelle, 5 pieds-7 pieds-5 pieds, est au service de la fugacité et de la spontanéité.