Qu'est-ce que le zen ?

La méditation assise,
cœur de la pratique

« Le Zen, 
c’est zazen. »

Taisen Deshimaru

Za = s'asseoir / Zen = méditation

Zazen

Zazen, la méditation assise, est le cœur du Zen.
Zazen se pratique sur un coussin rond appelé zafu, les jambes croisées, les genoux touchant le sol. Le bassin est basculé vers l’avant, le dos droit, la nuque étirée, le menton rentré et les épaules relâchées. Les mains sont posées, ramenées contre l’abdomen, les doigts de la main gauche reposent sur ceux de la main droite, les pouces se joignent horizontalement. Les yeux sont mi-clos, le regard baissé devant soi.
La rectitude de la posture s’accompagne d’une respiration ample et naturelle. Le juste tonus musculaire sans tension inutile permet à l’esprit d’être vigilant et paisible. Si des perceptions, pensées, émotions apparaissent, on les observe simplement sans s’y attacher ni s’y opposer, laissant passer tout ce qui se présente comme des nuages dans le ciel.

Par l’attention à la posture et à la respiration, l’esprit devient comme un miroir qui reflète toute chose sans en être affecté.
La pratique du zazen ne s’appuie sur rien, hormis l’attention à la posture immobile et à la respiration : pas de visualisation, pas d’objet de concentration… On cesse d’entretenir ses rêves illusoires, en étant simplement présent à ce qui est.
Faire zazen, c’est arrêter de courir après quoi que ce soit, et trouver en soi la source d’un bonheur qui n’est pas limité par le gain ou la perte.
Faire zazen dans un dojo, c’est partager ce bonheur dans le silence de l’intimité et réaliser notre unité profonde avec tous les êtres et l’Univers.

« Quand vous avez pris la posture correcte, respirez profondément une fois, inspirez et expirez. Inclinez votre corps de droite et de gauche, et immobilisez-vous dans une position assise stable.
Rejetez tout engagement et abandonnez toute affaire. Ne pensez pas : “Ceci est bien, cela est mal.” Ne prenez parti ni pour ni contre. Arrêtez tous les mouvements de l’esprit conscient.
Pensez à ne pas penser. Comment pense-t-on à ne pas penser ? Au-delà de la pensée. Cela en soi est l’art essentiel du zazen.
Le zazen dont je parle n’est pas l’apprentissage de la méditation, il n’est rien d’autre que le Dharma de paix et de bonheur, la pratique-réalisation d’un éveil parfait. »

Extrait du Fukanzazengi de maître Dogen (1200-1253).

Origines et transmission du Zen

Il y a deux mille six cents ans, en Inde, Shakyamuni devint le Bouddha (littéralement : l’Éveillé), après une longue quête de la délivrance, en pratiquant l’assise silencieuse. La source du Zen remonte à cette expérience du Bouddha qui s’est transmise de maître à disciple à travers les siècles.
Depuis l’Inde, l’enseignement du Bouddha s’est répandu en Chine au VIe siècle de notre ère, sous l’impulsion de Bodhidharma pour l’école Chan.
Au XIIIe, le moine japonais Dogen implanta au Japon le bouddhisme zen Soto et fonda le temple d’Eiheiji. De grands maîtres de cette école se sont succédé au fil des siècles, dont Keizan, fondateur du temple Sojiji et deuxième fondateur du Zen Soto au Japon, Menzan…

Siddhārtha Gautama dit le Bouddha
Bodhidharma
Eihei Dōgen

Lorsque maître Deshimaru arrive à Paris en 1967, le Zen n’est alors connu que par une minorité d’intellectuels qui en ignorent souvent la pratique réelle. Soutenu par sa foi profonde, tout en suivant la tradition, il rend cet enseignement accessible à l’esprit occidental. Il décède en 1982, après avoir fortement implanté cette graine, et lègue à ses disciples la mission de la développer à leur tour.

Fermer le menu